Roberto Bolaño

Roberto Bolaño est considéré comme l’un des plus grands auteurs sud-américains de sa génération. Il est né à Santiago du Chili en 1953. Il est arrivé comme une bombe sur la scène littéraire espagnole avec, d’abord, La littérature nazie en Amérique, puis Les détectives sauvages. Entre autres prix, il a reçu en 1997 le prix le plus important de son pays, le Prix Herralde en 1998, et le Prix Romulo Gallegos, le plus prestigieux d’Amérique latine, en 1999. Héritier hétérodoxe de Borges, de Cortazar, de Artl, d’Onetti, à la fois poète et romancier, il saisit à bras le corps la littérature et l’histoire de sa génération, et est passé maître du brassage des registres, situations et personnages.

Roberto Bolaño est décédé en juillet 2003 à Barcelone à l’âge de 50 ans.

 

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2666

« 2666 explore les rapports entre littérature et expérience, plusieurs manifestations de l’expérience : la solitude, l’amitié, l’amour, et, la plus étrange et la plus radicale de toutes, le mal. Il l’explore avec ironie, sans théorie ni résolution, par la grâce exclusive du récit. Bolaño semble avoir conté absolument tout ce que les phrases lui dictaient. Chaque récit est une aventure : une fresque infâme, délicate, grotesque, redondante, absurde, que découvrirait à la torche un enfant sur les parois d’une caverne dont il ne sortira plus. »

— Philippe Lançon, Libération 20 mars 2008.

Roberto Bolaño a écrit 2666 en se sachant gravement malade. Roman de plus de mille pages, structuré en cinq volumes, projet immense, il s’est imposé dès sa sortie, posthume, comme l’un des livres majeurs de son œuvre.

Julien Gosselin adaptera 2666 en pièce de théâtre à l’occasion du Festival d’Avignon 2016.

Pour adapter 2666 au théâtre, je vais conserver la structure de l’œuvre, les cinq parties. Bolaño essaye de cloisonner fortement les histoires, mais laisse aussi entrevoir au lecteur la possibilité de croisement à l’intérieur de celles-ci, possibilité qui se verra parfois confirmée, souvent désactivée. Le spectacle qui naîtra de cette adaptation durera entre huit et neuf heures. Je veux qu’il soit pour le spectateur ce qu’il est pour le lecteur, énorme, infini, jouissif, pénible parfois. Je veux le concevoir comme une expérience totale, une traversée commune entre les acteurs et le public, en en gardant sa force et sa complexité. Il y aura entre quinze et vingt acteurs au plateau qui seront, comme c’est toujours le cas dans notre travail, tour-à-tour musiciens, performers,  narrateurs quand il le faudra, ou personnages. Je veux réunir tous les outils nécessaires à la tentative de somme théâtrale que nous faisons, dans la scénographie, dans la lumière, le son ou la vidéo.

Comme c’était le cas avec Les Particules élémentaires, je suis certain que ce roman, la langue de ce roman, peut résonner avec une puissance incroyable sur un plateau de théâtre. Je fais le pari que nous pourrons, dans cette traversée gigantesque, essayer de dire à notre tour ce que Bolaño écrit dans son livre Amuleto : « un cimetière de l’année 2666, un cimetière oublié sous une paupière morte ou inexistante, aux aquosités indifférentes d’un oeil qui en voulant oublier quelque chose a fini par tout oublier. »

  • Julien Gosselin

 

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(c) Mathieu Bourgois

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